Solutions & Applications

EMBALLAGE 2006 : UN CRU INTÉRESSANT

Par Michel Rousseau
Pendant 5 jours, Paris devient, du 20 au 24 novembre 2006, la capitale mondiale de l’emballage. Avec près de 2300 sociétés exposantes attendues, dont la moitié d’internationales, et plus de 108 000 visiteurs, dont 35% d’étrangers, Emballage 2006 s’annonce riche en nouveautés.
31-10-2006
Ce développement est notamment soutenu par la participation croissante de sociétés en provenance d’Europe de l’Est (Estonie, Lituanie, Slovaquie, République Tchèque, Ukraine, Roumanie), du Moyen-Orient (Arabie Saoudite, Koweït) et du grand export (Brésil, Nouvelle Zélande, Chine…). Parce que par définition « tout s’emballe », Emballage accueille des visiteurs issus de tous les secteurs d’activité et marchés utilisateurs : - Alimentaire : 29% - Industrie (chimie, biens d’équipement…) : 23% - Pharmacie, santé : 11% - Cosmétique, beauté, luxe : 10% - Autres biens de consommation courante : 7% - Grande distribution et commerce : 5% - Publicité, création, design : 5% - Autres secteurs : 10% Pour répondre efficacement à ces différentes populations et leur permettre de trouver rapidement les équipements et produits qu’ils recherchent, Emballage, salon multispécialiste, s’est toujours distingué par l’organisation unique de son offre. Cette offre, segmentée par secteurs clairement identifiés regroupe les exposants à la fois par produits (impression, RFID, notamment…) et par marchés d’application (alimentaire, liquide, beauté, santé…). En 2006, Emballage affine cette offre avec le développement de deux secteurs : • « Prestations de Services » : une offre de services allant du conditionnement à façon jusqu’aux prestations logistiques, en passant par toutes les prestations de conseils et services. • « Smart Packaging » : avec toutes les nouvelles solutions d’identification et de traçabilité des produits (ex. : RFID, nanotechnologies, micro-encapsulation, traceurs ADN…). Pour 2006, Emballage a lancé une nouvelle étude internationale dont le thème « Evolutions et défis du packaging dans le nouveau contexte de la Distribution» est le fil conducteur du prochain Congrès Pack.Vision. Les résultats de cette étude seront l’objet de la conférence de clôture du Congrès Pack.Vision. En créant son propre Observatoire de l’Emballage avec le soutien et l’implication active des différentes organisations syndicales et professionnelles de la filière en France, Emballage a mis en place un outil de veille stratégique et économique qui révèle les tendances et perspectives des marchés et des différentes filières de l’emballage en France à court et moyen terme.
Etiquettes et packaging : quelques grandes tendances
Le prix demeure un challenge constant, alors que le hard discount et la politique déflationniste dans la grande consommation gagnent du terrain. L’approche dictée par le coût prévaut dans les produits basiques pour lesquels les consommateurs refusent de payercher. La tendance packaging interactif n’est pas encore aussi développée qu’on aurait pu le penser étant donné les attentes de communication par le packaging et le développement des technologies interactives. Seulement quelques initiatives dans ce domaine utilisent ces technologies interactives pour informer ou annoncer des promotions. Dans l’ensemble, il faudra s’attendre à une plus grande polarisation entre d’une part, le très simple (conditionnements pas chers, efficaces à faible impact environnemental) et d’autre part, le complexe à valeur ajoutée (packagings plus fonctionnels, plus communicatifs…)
Domino : c'est géant !
Domino est spécialisé dans l'impression d'étiquettes géantes destinées aux emballages de regroupement. L'activité de la société va donc de l'article unitaire jusqu'à la palette et au-delà. Forte d'une expérience de plus de 30 ans sur le marquage d'articles unitaires, Domino assure ainsi la traçabilité des produits via les emballages de regroupement. Par ailleurs, la société intègre d'autres technologies dont notamment la RFID, le tout étant piloté par un ensemble de logiciels maison. Il s'agit ici de pouvoir réellement assurer un suivi du produit unitaire jusqu'au rayon grâce à un logiciel qui garantit que les produits sont bien imprimés et déposés dans les bons cartons, ces derniers ayant subi un repérage adéquat par les systèmes de lecture choisie (scanner code-barres, imageur, lecteur RFID...). Les données ainsi collectées sont également très traitées par le logiciel pour pouvoir être facilement intégrées dans l'ERP du client. Le client veut en effet de plus en plus se détacher de la partie mise en oeuvre des systèmes de traçabilité et de marquage en laissant le soin des experts de préparer les données ainsi collectées. C'est pourquoi désormais au lieu de simplement fournir les imprimantes, Domino propos à sa clientèle des solutions complètes, ceux aussi bien en intégrant son propre matériel que des matériels d'autres origines. Pour ce faire, il a fallu à la société repenser son matériel pour pouvoir fonder ses solutions sur des imprimantes de bureau connectées à une adresse IP, ceci permettant via le réseau de l'entreprise d'exploiter plus facilement les ressources d'impression en fonction de leur disponibilité. Si cette fonction existe depuis très longtemps dans le domaine bureautique, et la néanmoins totalement novatrice dans le domaine de la production industrielle. Là où autrefois il se vendait des systèmes de marquage autonomes ou simplement raccordés à un PC, aujourd'hui, il est indispensable de voir ces matériels connectés au réseau raccordé à la fabrication au sein de l'usine. La grande innovation présentée par Domino à l'occasion du salon de l'emballage, c'est justement cette connexion IP des imprimantes de production qui peuvent ainsi être pilotées depuis n'importe quel navigateur Web. L'intérêt d'une telle connexion se comprend aisément l puisqu'il est désormais possible d'exercer un total contrôle sur ce qui se passe sur la ligne de production. En effet, sur les systèmes classiques, généralement hétérogènes, le risque d'erreur est démultiplié puisqu'il n'existe pas de lien de cohérence entre les systèmes d'impression des étiquettes des différents produits fabriqués, si ce n'est un comptage somme toute aléatoire. Grâce à la mise en réseau des systèmes d'impression et de marquage de production, il est désormais possible de consolider ses opérations en les pilotant depuis un seul et même point de contrôle, ce qui permet notamment de bien plus personnaliser chaque production et d'ainsi disposer d'une réelle traçabilité. Celle-ci d'ailleurs ne se limite plus à l'usine, mais descend jusqu'au niveau du client, puisque ce dernier peut savoir se fabrique dans l'usine de son sous-traitant (par exemple, si les lots commandés et sont bien fabriqués selon les recommandations et les dates de disponibilité exigées). Tout ceci s'inscrit parfaitement dans la logique du code électronique EPC qui permet de suivre le produit tout au long de sa vie. De ce fait, grâce à de tels systèmes d'information n'est plus stocké au niveau de chaque intervenant logistique, mais elle est conservée dans une base de données globale interrogeable par chacun, systèmes assurant les garanties réelles sur l'origine et la provenance des produits. Qui plus est, l'utilisation de systèmes d'impression de production en réseau permet également de tirer facilement des statistiques sur le rendement des machines utilisées en termes de disponibilité, de performances et de qualité d'impression. C'est en effet la prise en compte croisée de ces différents paramètres qui permet de régler au mieux la production des étiquettes. Car il n'est pas rare de voir une imprimante hautes performances nécessiter un très grand nombre de réglages dans la journée, ce qui nuit à sa disponibilité, tandis qu'une autre imprimante moins performante pourra s'avérer bien plus rentable car disponible en permanence. Quant au facteur qualité, il s'avait à lui aussi important puisqu'il détermine la qualité de la lisibilité des étiquettes. Généralement, on couple l'impression avec une relecture temps réelle de l'étiquette via une caméra, ce qui permet un comptage exact pouvoir procéder à un regroupement sans erreur. Baptisée Opus Program, cette solution intègre également la RFID.
InterScan : le Lego de l’impression-pose King-size
InterScan a racheté il y a un an la division impression pose de Bopack, société belge et à créer une nouvelle division étiquetage et marquage automatisés. Cette activité va de l'étiquetage classique à la pose d'étiquettes sur des surfaces de petite taille, comme par exemple des crayons de maquillage, le tout à très haute cadence (supérieur à 200 mètres minute). Les solutions d'étiquetage proposé par l'entreprise vont donc de la pose d'étiquettes sur des surfaces extrêmement réduites jusqu'à l'impression sur les matériaux importants comme par exemple des rouleaux de papiers pesant plusieurs tonnes (dans ce cadre, Interscan utilise des robots prenant les grandes étiquettes nécessaires pour de tels environnements). Les références clients sont très nombreuses et vont de la pharmacie et l'agroalimentaire en passant par la cosmétique (Interscan produit également des étiquettes d'inviolabilité posées sur les produits et les emballages de rouge à lèvres) et la pétrochimie (Mobil). Sur le marché de l'impression pose il existe deux grandes catégories de produits : la pose d'étiquettes sur colis d'une part, et de l'autre la pose d'étiquettes sur les articles défilant à grande vitesse. Ce second domaine nécessite des machines particulièrement sophistiquées pour pouvoir poser une ou plusieurs étiquettes aux bons endroits en un temps extrêmement bref. Véritables machines de précision, ces imprimantes sont généralement des productions spécifiques élaborées à partir de l'expérience du fabricant, tout en étant, paradoxalement, élaborées à partir de modules standard, un peu à la manière d'un Lego. C’est dans ce domaine qu’InterScan intervient plus particulièrement
Avery Dennison : le monde change, changeons de gamme !
Avery est en train de complètement repenser sa gamme de machines d'impression pose. En effet, les modèles auparavant disponibles étaient spécifiques droite ou gauche selon leur position sur la ligne de production. Désormais, elles sont polyvalentes. Désormais, l'entreprise s'intéresse plus particulièrement aux étiquettes de regroupement et de fin de ligne (cartons et palettes). Ceci a conduit notamment à repenser le modus operandi des applicateurs pour pouvoir respecter la norme EAN 128 qui impose l'étiquetage sur le dessus du carton et sur le devant de celui-ci. L'objectif, au-delà d'une production customisée, est de pouvoir proposer à la clientèle une gamme modulaire reposant sur des standards. Avery dispose par ailleurs d'une division spécifique de fabrication des inlays destinés à la RFID compatible avec toutes les technologies de puces radiofréquence. La grande nouveauté sur ces machines tient au fait qu'elles utilisent des têtes spécifiques dotées d'un économiseur de film, ce système permettant de protéger la puce RFID en évitant tout écrasement. En effet, une impression totale de l'étiquette RFID risque assez fréquemment d'endommager la puce et la tête d'impression.

 

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