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RFID UHF dans la supply chain: une réalité?

Par John Greaves
Au niveau international, si le marché de la RFID est une réalité, quelques incompréhensions demeurent notamment entre les Etats Unis et l’Europe, entre HF et UHF, mais surtout entre fournisseurs et utilisateurs. Voici dans ce cadre le point de vue de NCR, selon John Greaves, lequel dirige le groupe de travail au plan mondial
06-03-2006
Aux Etats-Unis, le développement des systèmes passifs RFID UHF dans le cadre de la supply chain en boucle ouverte, est encore dominé par des considérations commerciales. Leur adoption a été en effet plus lente que prévu, tout (décisions, recherches et recettage) devant passer par les fourches caudines d’un business case. Raison pour laquelle, on n’a guère vu au départ que des systèmes "peel and apply" (emballe et applique, qu’on devrait plutôt traduire par timbre et expédie), certes minimaux mais suffisants pour satisfaire les besoins des mandataires. Depuis peu (dans les premiers jours de 2005), on a pu constaté une nette amélioration, des utilisateurs de plus petite taille commençant à envisager des projets plus consistants, les grands comptes, de leur côté, regardant désormais la RFID comme une véritable panacée. Mais en fin de compte, ce qui importe c'est que l’on ait enfin compris que la RFID n’est pas seulement une révolution technologique, c’est plutôt une révolution commerciale. Au début du troisième trimestre 2005, la ratification du protocole Gen2, purement dédié à la bande UHF, a accéléré les prises de décision et augmenté la disponibilité des produits, malgré toutefois les annonces contradictoires de certains fabricants et éditeurs. Sur le front du logiciel, en revanche, la réflexion a été de mise et nous pouvons constater qu'aujourd'hui aucun projet ne se fait sans prendre aussi en compte la dimension interfaçage au middleware. Ce qui est certain, c'est que le marché RFID UHF américain est en croissance et que celle-ci ressemble à s'y méprendre à celle que l'on a connue au début du code-barres. Un départ confus et désordonné, puis un processus inexorable d'innovation alimenté par la volonté du plus grand nombre de répondre aux exigences du marché. Chez NCR, nous pensons être pile avoir les outils nécessaires pour répondre à cette demande. Il est toutefois regrettable que l’on ait vu jusqu’à encore récemment les vendeurs de produits EPC UHF se comporter comme de vrais brigands pour forcer la main de leur clientèle, plutôt que de travailler de concert avec celle-ci. Mais tout le monde porte ici sa part de responsabilité, des produits et technologies aux fournisseurs de solutions. Tous ont considéré la RFID comme une révolution technologique là où il fallait la considérer comme une révolution commerciale. Les entreprises impliquées en premier lieu (fabricants et utilisateurs de petite envergure) ont fait de la RFID un objet hostile, un projet scientifique, si bien que les fabricants ont eu beaucoup de mettre leurs échecs sur le dos d’un déploiement mal maîtrisé par les utilisateurs. « Ce que nous pouvons mettre en place, c’est votre chaîne de fabrication, votre produit, votre carton ». Tout cela plutôt que de chercher à trouver des systèmes RFID plus fiables, comme on le pratique habituellement pour d’autres fréquences. Les gagnants et les perdants Ironie du sort, aux Etats-Unis ce sont ceux qui sont partis en premier qui sont arrivés les derniers. Parmi les utilisateurs, le second arrivés ont pu prendre un train mieux achalandé et ce pour un bagage moindre. De même au niveau de fabricants, ceux qui ont su se hâter lentement se sont avérés les plus chanceux. C’est notamment le cas de NCR. Ceci tient probablement à quelque 20 ans d’expérience avec la technologie RFID, ce qui nous a appris que trop de hâte nuit. Nous avons en effet pu mieux mesurer quelles étaient les véritables besoins des utilisateurs et comment modéliser ceux-ci dans nos produits. Le fait d’avoir pris le temps de noter toutes ces observations nous a rendu plus prompts lorsqu’il a fallu les appliquer. Ce qui nous a permis de proposer au marché une offre RFID complète, une solution réellement "one-stop-shop", élaborée pour aider les entreprises à consolider leur ROI dans les plus brefs délais. Quels sont, en revanche, les perdants? A notre avis ceux qui ont noué les premiers partenariats sur ce marché, ceux qui ont voulu profiter d’un effet de mode et qui ont surtout fabriqué de jolies façades plutôt que de se poser les bonnnes questions. Fort heureusement, les pertes sont rares dans les rangs des utilisateurs, lesquels ont généralement tout bien pesé et calculé tout en modérant leurs investissements. Quid de l’Europe dans tout cela ? Trop souvent, les détracteurs de la technologie l’utilisent comme preuve de la justesse de leurs critiques. Mais si l’Europe est en retard c’est plus à cause d’une bataille de normes que d’autre chose, ce qui ne veut nullement dire que la Communauté est pour ou contre la RFID. Il ne faut pas oublier que, comme pour toute technologie fondée sur le spectre et les transmissions radio, le développement en Europe de l’UHF passif ne se suffit pas d’une simple conformité à la norme de la FCC (Federal Communications Commission). Voyez votre téléviseur ; un appareil français ne fonctionnera pas aux States et vice-versa. L’Europe est donc ici en toute première ligne. C’est d’ailleurs l’une de nos tâches actuelles que de nous accorder sur les fréquences et la puissance d’émission admises. D’autant plus que NCR fait un C.A. Europe équivalent à celui réalisé Outre Atlantique. Cette parité se retrouve également au niveau de la répartition des richesses. Qui plus est, l’Europe a apporté beaucoup de sérieux à la ratification de la directive concernant l’usage de la RFID. Il est ainsi inconcevable d’imaginer (comme le démontre l’activité de nos clients) que l’intérêt pour cette technologie puisse désormais diminuer. Tout distributeur ou producteur du secteur agroalimentaire sait d'ailleurs que de toute façon il devra bientôt se conformer aux diverses réglementations imposées en matière de traçabilité, seul moyen de parer à une crise alimentaire et à ses conséquences. La menace de la grippe aviaire illustre parfois ce propos. Le simple examen sérieux de telles probabilités fait qu’il est impossible d’écarter la RFID, car dans cette optique elle constitue un formidable outil d’augmentation de la valeur des biens et de la compétitivité dans un contexte européen. Raison pour laquelle NCR accompagne aujourd'hui autant de projets d’évaluation et de pilotes RFID en Europe qu’aux Etats-Unis, et qu’elle capitalise largement sur les modélisations déjà déployées en Asie et au Japon. C'est pourquoi on constate enfin le même taux de développement et de réalisations qu’aux Etats-Unis. Certes, tout n’est pas en UHF ; mais ne croyez pas que le fait d’être en 13,56 MHz rend les choses plus faciles. Ce n’est pas aussi simpple qu’on voudrait nous le faire croire. Le développement de la RFID est bien plus ample et répandu, et ce sur tous les spectres. Une réalité maintes fois analysée, bien avant le lancement du standard EPC, ce dernier en ayant d'ailleurs largement profité en 1999, à l’époque où il s’appelait encore GTAG et où il n’était pas encore protégé par l’EAN.UCC. Gen2 : facteur de croissance Mais, jetons un coup d’œil sur Gen2. La ratification de ce standard a été bénéfique au marché. Le nombre de producteurs de lecteurs, toujours plus sophistiqués, plus compacts et plus intelligents, a tout simplement doublé en un an. En ce qui concerne les puces, le volume fourni est enfin à parité avec la demande, laquelle est loin de diminuer. Un nombre croissant de fondeurs proposent d'ailleurs des prix de plus en plus doux. Nous n’en prendrons pour exemple que la Chine. Malgré une réglementation non encore arrêtée par Pékin, le Beijing Retail Technology Show a permis de constater une déferlante RFID sans précédent, tant sur le plan des producteurs nationaux que sur celui des nombreuses firmes exportant des produits RFID de par le monde. Le Japon n’est pas en reste. C'est ainsi que NCR Japan est membre actif du programme asiatique d’adoption d’EPC et que notre centre de R&D d’Oiso travaille sur un projet en 950 MHz qui sera lancé prochainement. En conclusion, ceux qui désormais laissent passer les opportunités en matière de RFID (que ce soit en HF ou en UHF), le font à leur risques et périls. Au final, les perdants seront ceux qui n’auront pas su reconnaître les signes de cette révolution commerciale et qui auront freiné leurs investissements de peur de dépenser leurs sous de façon prématurée pour une technologie encore immature. Préférant rester sur leurs douces certitudes, ils auront été incapables de comprendre qu’une technologie qui a déjà 50 ans d’existence ne peut en aucun cas disparaître du jour au lendemain ! (*) John Greaves est vice président de NCR Global RFID, département responsable des solutions RFID de NCR pour l'ensemble du monde. Il est sous les ordres de Lee Schram, senior executive de la division Retail Solutions de NCR, autre branche chargée des produits RFID. Avant de rejoindre NCR, Greaves a dirigé le département conseil concernant l’intégration de la technologie RFID au sein de Deloitte & Touche. Il est président fondateur de l’association USA RFID Standards et a été directeur général de l’initiative d’allocation des fréquences RFID UHF en Europe destinée à affecter l’utilisation de ces fréquences aux appareils de faible portée

 

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