Solutions & Applications
Traçabilité 2006 : savoir gérer la complexité
Au-delà d'une avalanche de produits vantant les uns les mérites du code-barres, du code 2D, de la vision, les autres ceux de la RFID, le salon Traçabilité 2006 démontre que le problème est complexe et qu'il nécessite un choix rigoureux tant au niveau des matériels que des logiciels, le tout devant collaborer dans un contexte de plus en plus formalisé et standardisé.
28-02-2006
Le premier constat que l'on peut faire suite à Traçabilité 2006, c'est qu'assurer le suivi de produits après les avoir identifiés est une opération complexe nécessitant non seulement didentifier de façon unique les articles devant être tracés, mais aussi de gérer les relations entretenues avec ceux-ci, d'enregistrer toutes les données les concernant et de communiquer tout ou partie de ces données aux participants de la supply chain.
Bref, il est nécessaire de créer un code propre à chaque article à suivre et en parallèle de pouvoir non seulement le lire (ou plus précisément le relire) mais aussi d'y faire correspondre un volume d'informations indexées dans une base de données que les différents acteurs puissent partager. Pour caricaturer à l'extrême, on pourrait dire que la traçabilité est une succession d'opérations extrêmement sophistiquées mais apparemment très simples, dont toutefois la complexité va croissant avec le nombre des intervenants et la richesse des informations concernant le produit que l'on désire faire suivre. C'est donc ces deux aspects (simplicité et complexité) auxquels s'est attaquée Traçabilité 2006 cette année.
Si, mode oblige, la RFID a joué les vedettes américaines sur cette exposition, elle n'en a pas pour autant fait oublier d'autres approches, comme bien entendu le code-barres (et plus particulièrement le code 2D qui sort de sa « niche » et connaît une croissance foudroyante) couplé à la
visionique, tout ce petit monde étant orchestré par un virtuose omniprésent: le logiciel.
En effet, si, comme vous découvrirez à la suite de ces « prolégomènes à toute traçabilité future», les solutions exposées sont on ne peut plus séduisantes, elles ne doivent pas faire oublier que la chaîne de production ou d'assemblage, tout comme le reste de la supply chain, sont désormais étroitement liées au système de gestion de l'entreprise et non plus seulement à la gestion de la production.
Une simple traçabilité interne ou restreinte à quelques fournisseurs et clients ne suffit plus, il est indispensable désormais de penser celle-ci en termes de collaboration, de sécurité, de normalisation des échanges, et par conséquent de standardisation des informations transmises (ou mises en parallèle avec l'identifiant choisi). Or, pour le moment, si les standards sont légion tant au niveau de la codification que de l'identification des informations et de leurs modalités d'échange, certains problèmes de sécurité demeurent, problèmes encore mal résolus, notamment au niveau de la RFID.
Pour parler des filières implantant à l'heure actuelle des solutions de traçabilité, il suffit de dire qu'elles sont nombreuses (filière bois, fruits et légumes, boucherie, marées, santé, énergie, matières dangereuses, verre, automobile, électroménager, pharmacie, cosmétiques,...).
Sur celles-ci, un récent sondage effectué par notre confrère Qualité Références donne un instantané assez frappant traduisant bien la réalité du marché ; sur quelque 27 activités recensées, 25 utilisent couramment ou fréquemment le code-barres, celui-ci étant de plus en plus talonné par la RFID (57 %), la vision demeurant pour l'heure le parent pauvre puisqu'elle est surtout utilisée pour le marquage du verre, celui des pièces automobiles et aéronautiques, le suivi des équipements de santé et l'électroménager.
Reste à voir comment les choses évoluent, notamment au niveau des produits. En voici un (bref) aperçu.
Terminaux de saisie : multifonctionnels, compacts, robustes
Nous avons déjà largement évoqué les nouveaux périphériques dimpression ainsi que les solutions RFID proposées par Intermec à loccasion de notre précédent numéro. Restait toutefois à vous présenter les nouveaux terminaux de saisie dun constructeur ô combien prolifique.
Nouvel ordinateur de poche industriel durci (IP64) pour toute application de gestion de stocks, de merchandising, d'aide à la clientèle en magasin et de maintenance sur site, en réseau local, le CN2 dIntermec est particulièrement destiné aux points de vente, aux entrepôts logistiques et aux techniciens nomades. Conçu pour répondre aux exigences matérielles élevées du secteur de la livraison directe en magasin et de la collecte de données en milieu très rude sur site de production ou en entrepôt logistique, le CK61 est Bluetooth, étanche (IP64), extrêmement durci (résistant à plus de 25 chutes de 1,80m sur sol en béton) et intègre une mémoire embarquée non volatile, appelée Persistent Storage, qui protège les applications et les bases de données, même en cas dépuisement de la batterie. Quant au CN30,Wi-Fi et Bluetooth, il dispose de deux claviers interchangeables permettant aux distributeurs de ladapter à leurs besoins pour un coût de possession au plus bas et des temps dimmobilisation fortement réduits. De plus, lécran couleur VGA plein écran et haute résolution (640 x 480 pixels) offre un grand confort daffichage et une visibilité optimale pour les applications les plus exigeantes du marché, quil sagisse démulations de terminaux traditionnelles ou de pages Web, plus graphiques.
Avec larrivée des nouveaux Kyman-Net, Datalogic étend sa famille mobile@work, composée de terminaux portables et terminaux embarqués avec système dexploitation DOS ou Windows CE, et répond à une demande croissante du marché pour la lecture mobile dans les environnements difficiles, avec des capacités avancées de communication radio et de capture des données.
Le Kyman-Net a été conçu pour toutes les opérations de collecte de données en entrepôt tels que les inventaires, la préparation de commandes, les expéditions et réceptions de marchandises, les applications du transport comme le chargement et la livraison de colis ou les sociétés de services.
Avec son enveloppe de protection entièrement moulée, il convient parfaitement dans les environnements les plus rudes puisquil résiste à des chocs et chutes répétées de 1,5 m sur béton et aux températures négatives. De plus, il est doté dun écran tactile couleur rétroéclairé, anti-reflets et anti-rayures, et est livré avec batteries Li-ION longue durée.
Basé sur le système dexploitation Windows CE, le Kyman-Net est équipé dun puissant microprocesseur Intel X-Scale de dernière génération et dun système automatique de capture des données. Il permet didentifier les codes linéaires et 2D, de capturer des images et de lire les tags RFID, à une distance allant du proche contact jusquà plus de 10 mètres. Enfin, il offre différents choix de communication radio: Bluetooth, Wi-Fi et GSM/GPRS pour les applications vocales et le transfert des données. Il dispose enfin dun emplacement dédié pour carte Secure Digital (SD), directement accessible par lutilisateur, pour une extension mémoire du terminal. Bref, c'est loutil idéal des opérateurs pour toutes les applications du transport et de la logistique en milieu hostile.
Le lecteur manuel universel dOmnitron (MAH 200) est le premier à utiliser un capteur CMOS de 1 Megapixel. Ceci lui donne une profondeur de champ sans commune mesure et lui permet de lire aussi bien des petits codes Data Matrix que de gros codes barres.
Code 2D : le vent en poupe
Cest notamment (mais pas uniquement) dans le domaine de la santé que le code 2D fait des émules.
Ainsi du lecteur MED 100 dOmnitron, proposé par Vision Design. Il permet la lecture des codes Data Matrix ECC 200, gravés par laser, pour une taille de symbole 10 x 10 et une taille de module pouvant descendre jusquà 0,2 millimètre. Il décode en 40 millisecondes pour une vitesse relative de lobjet de 25 cm/s en lecture omnidirectionnelle. Qui plus est, il lit également les surfaces réfléchissantes. A noter quil y a là un marché formidable puisquil y a quelque 2500 centres hospitaliers en France.
Lire du 2D sur des pièces métal sans problème, cest ce que propose la Data Mouse Pro dAbsolute Vision (distribuée par Mecagrav), dont linterface logicielle Medusa transfère automatiquement les données vers nimporte quelle application tierce partie. Son dispositif déclairage par lumière rasante en fait un produit résolument original.
Logiciels : une gestion bien au-delà des périphériques
Codesoft, logiciel d'édition d'étiquetage de codes à barres et d'intégration édité par Teklynx, est maintenant disponible en version 8. Celle-ci inclut des nouvelles fonctionnalités le rendant plus ergonomique, dont :
- un nouveau Database Manager qui permet à l'utilisateur de sélectionner des étiquettes, de se connecter à une base de données, de configurer l'imprimante et de lancer des impressions, le tout à partir d'une seule interface.
- le Form Designer permet de créer facilement des interfaces dutilisateur sans avoir besoin de connaissances en programmation.
Quant à Tracksoft 178/2002 du même éditeur, cest une des rares solutions de traçabilité pour les TPE/TPI de l'industrie agro-alimentaire, répondant à la législation Européenne n° 178/2002. Pour un produit donné, à un instant "T", le logiciel assurera le suivi qualitatif de toutes les étapes de sa fabrication et de la provenance de ses composants.
Destiné lui aussi aux PME-PMI et surtout aux très petites entreprises de négoce et de production (plus particulièrement là où le suivi des lots de production et des états de contrôle qualité s'avère fondamental), LognTrack de Multiware répond aux mêmes exigences. Son originalité repose tout d'abord sur les possibilités de paramétrage étendu lui permettant de s'adapter aux cas les plus simples comme à ceux d'un niveau de complexité avancée.
Logiciel ouvert , il dispose de fonctions d'import-export et d'intégration vers les logiciels de gestion commerciale du marché et offre un potentiel de liaison EDI en aval. Bien entendu, ce progiciel assure également la traçabilité et l'étiquetage EAN128 nécessaires, depuis la réception marchandise jusqu'au client final, en passant par la production éventuelle, la préparation des commandes par terminaux code barres radio et le chargement des expéditions.
RFID
Le tunnel Igate de Balogh offre un taux de lecture de 100 % des étiquettes RFID 13,56 MHz en un temps record, quels que soient l'orientation et le nombre d'étiquettes à lire simultanément. Cette technologie scanne au passage et simultanément des étiquettes de petite dimension que celles-ci soient superposées ou disposées dans toutes les positions possibles tout en offrant une excellente fiabilité de lecture. Elle repose sur la technologie PJM (ISO 18000-3 mode 2). Par ailleurs, Balogh propose une gamme UHF composée d'unités de lecture écriture à 868 MHz et d'antennes conformes aux standards européens. Les lecteurs de cette gamme ont pour avantage de fonctionner en mode autonome ou en mode concentreur permettant de connecter jusqu'à huit lecteurs à l'unité de gestion de données. Ils identifient un grand nombre de colis et palettes munies d'étiquettes passives (sans pile) autocollantes peu coûteuses. La qualité permet d'atteindre de longues distances de lecture (environ 2 à 3 mètres).
Traçabilité : aussi ascendante que descendante
0n a trop souvent tendance à assimiler la traçabilité à un suivi des produits vers l'aval. Il n'en est rien. L'obligation de traçabilité fonctionne dans les deux sens et doit permettre de remonter jusqu'à l'origine d'un produit fini (traçabilité amont qui doit permettre de retrouver l'historique et l'origine du lot à tous les stades du cycle de vie du produit, ce à partir d'un lot ou d'une identité de produits) tout comme d'identifier avec précision les entreprises auxquels ce produit était fourni (traçabilité aval qui sert à retrouver la destination d'un lot ou d'une unité de produit à tous les stades du cycle de vie de ce dernier). Pour le moment, le marquage des palettes et des colis est très hétérogène. Un net effort de standardisation s'impose donc, lequel repose principalement sur l'emploi massif des standards définis par GS1 (EAN 128 pour le code-barres et l'identification des palettes, Gen2 pour la RFID
).
Traçabilité agroalimentaire : du sérieux avant tout
Un an après l'entrée en vigueur du règlement 178/2002 concernant la traçabilité dans l'industrie agroalimentaire, le premier constat s'impose : la traçabilité est désormais affaire sérieuse. C'est tout du moins ce qui ressort de la dernière enquête menée par GS1 auprès de 1100 entreprises, dont 60 % dans le secteur alimentaire. Parmi celles-ci, 93 % considèrent que le système désormais mis en place répond aux objectifs de la réglementation. Ce premier chiffre est toutefois à nuancer. Une enquête complémentaire menée par notre confrère la Revue De L'Industrie Agroalimentaire permet notamment de se faire une meilleure idée de ce qu'apporte la traçabilité aux entreprises.
Pour 73 % d'entre elles, ce suivi tant en amont qu'en aval des produits transitant par leur supply chain leur a permis de répondre à la demande de leurs clients. Effet positif, puisque pour 64 % de ces entités, cette approche aura permis de revoir leur organisation et notamment d'améliorer la composante exécution dans leur usine. Là où les choses se gâtent, c'est au niveau du retour sur investissement que l'on est en droit d'attendre de la traçabilité. La dichotomie s'effectue en effet entre entreprises de plus de 100 personnes et PME d'un niveau inférieur.
L'effet de dilution propre aux grands comptes se ressent nettement au niveau de leurs réponses, plus que seuls 54 % d'entre eux considèrent que leur projet traçabilité présente un retour sur investissement positif sur le moyen terme. Ce chiffre est trois fois plus important chez les petits comptes (85 %).
Un bémol doit toutefois être apporté à ce tableau idyllique : la consignation des traitements effectués sur les produits au cours de sa durée de vie est encore très largement reportée sur support papier (62 %), la saisie manuelle sur support informatique venant en seconde position
(23 %), le tout automatique arrivant bon dernier (15 %). Bref, il est encore fort à faire pour automatiser la traçabilité et l'intégrer étroitement dans le système d'information de l'entreprise.
RFID : une perception encore contrastée
Selon les résultats de l'enquête réalisée par Cap Gemini, les Européens commencent à prendre conscience des avantages que procure l'identification par radiofréquence (RFID) dans leur quotidien. Une majorité de répondants se disent prêts à acheter des produits étiquetés RFID s'ils permettent de réduire les vols de voitures (70 %), de retrouver plus facilement les objets volés (68 %) et d'améliorer la sécurité lors de la prescription de médicaments (63 %). Parmi les autres avantages considérés comme importants, on peut citer l'amélioration de la qualité de la sécurité alimentaire, le retour des marchandises facilitè et plus fiable, le passage en caisse plus rapide dans les grandes surfaces.
Cependant, cette étude traduit davantage les inquiétudes des Européens quant à l'impact de la RFID sur leur vie privée et ne met pas en avant les points positifs. À ceci une principale raison : pour 52 % des personnes interrogées, il serait possible de lire les puces RFID à distance, une explication citée en partie par un très faible niveau d'information des consommateurs en matière de RFID. Car les Européens ont une idée mitigée des retombées de la RFID dans leur vie quotidienne. Pour 46 %, la RFID aura plus d'impact sur leur vie privée que les cartes à puce, tandis que seuls 34 % estiment que les retombées seront encore plus positives que celle générées par les téléphones mobiles équipés d'appareils photo. 42 % escomptent des conséquences plus importants dans leur vie privée qu'avec la carte de fidélité ou d'achat
La contrefaçon : vache à lait de la traçabilité
Le récent sondage mené par GS1 France prouve que la contrefaçon est une préoccupation majeure pour 71 % des entreprises sondées. Les raisons avancées pour justifier ce souci sont multiples, mais parmi celles-ci on retiendra l'exploitation des enfants dans les pays en voie de développement (98 %) une pratique qui ternit encore trop souvent le blason de la distribution, la mise en danger les personnes (pièces de véhicules automobiles, médicaments), les pertes d'emplois, la moins bonne qualité des produits et services, les pertes financières que cela implique pour les entreprises et enfin la dégradation in fine et de l'image de marque. Parmi les produits les plus concernés, deux catégories se distinguent : tout d'abord ceux ayant un rapport direct avec la santé de l'individu (pharmacie 91 %, automobile 73 %), puis ensuite les produits de luxe (cosmétiques, notamment). Trois autres secteurs sont encore touchés par la contrefaçon : celui de l'habillement, de la bijouterie et de la maroquinerie.
Obligations réglementaires
Règlement européen (CE)
n° 178/2002
« la libre circulation des denrées alimentaires et les aliments pour animaux dans la communauté ne peut être réalisée que si les prescriptions relatives à la sécurité des denrées alimentaires et des aliments pour animaux ne diffèrent pas de manière significative d'un État membre à l'autre».
Code de la consommation,
article L.212-1
« Dès la première mise sur le marché, les produits doivent répondre aux prescriptions en vigueur relatives à la sécurité et à la santé des personnes, à la loyauté des transactions commerciales et à la protection des consommateurs.
Le responsable de la première mise sur le marché d'un produit obtenu doit vérifier que celui-ci est conforme aux prescriptions en vigueur. À la demande des agents habilités pour appliquer les chapitres II à VI, il est tenu de justifier les vérifications et contrôles effectuées ».


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