Technologie

Le futur ne passe plus par le fil

par Luigi Rizzo
L'univers 802.11 connaît une expansion continue et cette effervescence témoigne de son excellent état de santé Alors que on vient d'annoncer qu'est en cours de conclusion la définition d'un nouveau standard permettant des vitesses de débit de 108 à 320 Mbit/s, on commence à parler du WiMax: une technologie «amie» ou concurrente ?
22-06-2005
L'IEEE (Institute of Electrical and Electronics Engineers Inc.) travaille actuellement sur une nouvelle version du protocole 802.11 qui permettra un transfert rate d'au moins 108 Mbit/s avec un rendement plus élevé par rapport aux normes actuelles 802.11a, 802.11b e 802.11g. Mais on sait bien que ces standards perdent une bonne partie de la vitesse de débit déclarée pour supporter toute la série d'éléments structurels qui accompagnent la transmission des blocs de données. Ce protocole s'appellera IEEE 802.11n et il est géré par un groupe de travail dénommé “The High Throughput Study Group”, qui déclare pouvoir arriver à 320 Mbit/s sur la bande des 5 GHz. L'802.11n pourrait constituer la solution pour le développement de la bande des 5 GHz, pour laquelle le protocole 802.11a a donné jusqu'à présent des résultats plutôt modestes, aussi bien du poids de vue des volumes de ventes qu'en terme de performances, le plus souvent en raison de contraintes d'environnement comme la présence de cloisons ou de revêtements de sol. La norme 802.11n qui a été proposée est encore en phase de définition initiale et il est peu probable qu'elle soit ratifiée avant la fin de l'année 2006, les décisions concernant l'utilisation de la bande et de sa largeur n'ayant pas encore été prises. Les objectifs généraux ont toutefois déjà été définis D'un coté, une performance réelle d'au moins 100 Mbit/s. Par exemple, dans le cas du 802.11b, pour un débit maximum théorique de 11 Mbit/s, le throughput réel se situe entre 5 et 6 Mbit/s, alors que dans le cas des standards 802.11a e 802.11g, pour une vitesse maximum de 54 Mbit/s, on obtient un débit réel qui varie entre 20 et 24 Mbit/s. On veut donc multiplier au moins par quatre ou cinq la performance maximum actuellement disponible. Le deuxième objectif est la compatibilité avec les installations 802.11a/g existantes. Ce point là doit être accompagné d'un certain nombre de précisions. Les groupes des travail de la IEEE ont maintenant acquis un vaste bagage d'expérience sur ce que signifie - et sur les conséquences qui en dérivent - la compatibilité rétroactive dans l'univers 802.11. On peut citer par exemple le cas récent de l'IEEE 802.11g dont le fonctionnement mixte avec des dispositifs 802.11b déjà installés provoque, dans le meilleur des cas, une dégradation des performances par rapport à une installation constituée uniquement de dispositifs 802.11g. Le groupe de développement du nouveau standard a donc été chargé de réaliser la compatibilité avec uniquement un certain nombre de modalités de fonctionnement des standards précédents, de façon à ce que les fonctionnalités du nouveau standard ne soient pas excessivement pénalisées. Il s'agit donc de faciliter le passage à des réseaux homogènes - construits sur le nouveau standard plus performant - sans que la compatibilité avec les appareils plus anciens n'en limite systématiquement les performances même lorsque ces derniers auront été abandonnés. Un tour d'horizon sur l'état de l'art La norme qui est actuellement la plus diffusée est l' IEEE 802.11b, présente sur le marché depuis déjà plus cinq ans et qui est connue par tous sous le nom de Wi-Fi(*). Elle fonctionne sur la bande non réglementée ISM (Industrial, Scientific and Medical) des 2,4 GHz à un débit maximum de 11 Mbit/s. L'introduction de la norme 802.11a, qui fonctionne sur la bande des 5 GHz à une vitesse qui va jusqu'à 54 Mbit/s et n'est utilisée pratiquement qu'aux USA, est plus récente. La norme 802.11g, approuvée en juin 2003 représente un important pas en avant pour cette technologie car elle conjugue la technique de modulation utilisée par l' 802.11b avec celle de l'802.11a, ce qui permet de disposer de la vitesse de cette norme tout en utilisant la bande libre d'usage des 2.4 GHz utilisée par la norme IEEE 802.11b avec laquelle elle est par ailleurs totalement compatible Dans le cadre de l'IEEE 802.11 bien d'autres groupes de travail se dédient à la définition de nouvelles normes et à l'amélioration de celles qui existent déjà. On peut en citer les plus importants.: . IEEE 802.11e Le but de ce standard est d'améliorer le niveau MAC dell'802.11 pour augmenter la QoS (Quality of Service) et sa gestion, de fournir un certain nombre de nouveaux services, d'améliorer les conditions de sécurité et d'identification. L'objectif est de permettre une gestion plus efficace de la bande en présence d'applications multimédias (voce, audio e vidéo). IEEE 802.11f Le développement de normes applicables à un IAPP (Inter Access Point Protocol) qui fournirait la possibilité de réaliser l'interopérabilité entre des access points de producteurs différents est l'objectif de ce nouveau standard qui a été récemment complété. IEEE 802.11h Afin de rendre les produits 802.11a compatibles avec les spécifications techniques requises au niveau européen, il était nécessaire d'améliorer le niveau MAC de l'802.11 et le niveau physique PHY de l'802.11a dans la bande des 5 GHz. L'intervention prévoyait deux fonctions supplémentaires, DFS (Dynamic Frequency Selection) et TPC (Transmit Power Control): ce travail a été terminé au cours de l'automne dernier et a donné naissance à un nouveau standard. IEEE 802.11i La vulnérabilité des transmissions wireless a poussé le développement du niveau MAC dans le but d'améliorer les mécanismes d'identification et de sécurité. Le sujet est très vaste et les différentes acteurs intéressés à la question ont des positions distantes sur la façon de le traiter. En attentant de cet aspect très important soit résolu, l'organisation Wi-Fi a extrapolé une branche du standard in cours de définition (la partie sur laquelle un accord a déjà été trouvé) pour créer un critère de sécurité intermédiaire, le WPA (Wireless Protected Access), qui a déjà été largement adopté par différents producteurs. Le Wi-MAX sera-t-il l'évolution du Wi-Fi? Cela prendre quelque temps, mais dans un an ou deux au maximum, une nouvelle réalité technologique sera présente un peu partout: il s'agit du Wi-MAX, acronyme de Worldwide Interoperability for Microwave Access. Le premier objectif de cette technologie est de fournir un accès à haut dépit wireless sur longues distances (à peu près cinquante kilomètres), comme alternative aux réseaux câblés Wi-MAX est également le nom de l'organisme à but non lucratif qui soutient l'initiative. Parmi ses membres on retrouve Intel, Fujitsu, Nokia, Ensemble et l'OFDM Forum, l'association commerciale qui essaye de promouvoir un standard OFDM unique compatible au niveau global. L'IEEE a créé un groupe de travail spécifique dans le cadre du standard 802 pour porter à terme cette proposition. C'est ainsi qu'est né l' 802.16, dont l'objectif est de développer les spécificités techniques de la “Wireless MAN (Metropolitan Area Network) air interface” et de toutes les autres règles basées sur le même standard. Le premier centre d'intérêt du groupe de travail concerne la bande 10-66 GHz et vise à définir les bases d'une solution wireless alternative au câblage, parce que ces systèmes présentent l'avantage de pouvoir couvrir de vastes zones géographiques sans qu'il soit nécessaire de soutenir les coûts énormes de la pose d'infrastructures qui seraient nécessaires pour atteindre les différentes sites: cette technologie est peu coûteuse sur le plan de l'installation et elle permet de fournir un accès au service en tout lieu et dans toutes les situations. La définition des spécifications techniques prévoit qu'il faille que les points à connecter soient visibles entre eux et que l'on utilise une architecture point/multipoints, soumise une autorisation d'utilisation, avec un débit maximum de 70 Mbits/s. Dans une deuxième temps, on a pris en considération l'extension du standard à bande 2-11 GHz et une connexion qui n'est plus nécessairement à vue et qui utilise à la fois des bandes sujettes à autorisation et des bandes libres. On a enfin proposé d'associer au standard la fonctionnalité qui permet de supporter un fonctionnement combiné fixe/mobile dans la bande 2-6 GHz: un groupe de travail travaille assidûment à la préparation de ce projet On peut donc se demander que deviendra le Wi-Fi? Le Wi-MAX le condamnera t'il ? Il faut avant tout rappeler que le Wi-MAX est conçu avant tout pour des connexions entre des sites fixes, par exemple une tour radio qui communique avec des antennes placées sur les toits d'un certain nombre d'édifices. Il est donc parfaitement indiqué pou remplacement l'installation et l'utilisation de lignes de communication de dimensions moyennes qui sont coûteuses et, dans ce sens, cette technologie peut être vue comme un élément de réseau parfaitement apte à s'intégrer avec des infrastructures Wi-Fi. On peut également imaginer que Wi-MAX facilitera la pénétration de la connexion à haut débit dans des réalités pour lesquelles la réalisation d'un câblage serait difficilement possible comme par exemple des zones rurales. Rien n'empêche que le deux technologies puissent se développer comme des composants qui agissent en synergie au sein d'un réseau totalement wireless: Wi-MAX, qui véhiculerait wireless Ethernet sur de longues distances, pourrait connecter des systèmes WLAN, au sein desquels Wi-Fi constituerait l'accès wireless des utilisateurs mobiles. Une chose est certaine: Wi-MAX ne remplacera pas Wi-Fi.
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