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Smart label: une évolution circulaire

par Peter Harrop, IDTechEx
Grâce au partenariat entre IdTechEx et Tarsus, deux sociétés de recherche spécialisées respectivement dans les étiquettes intelligentes et les étiquettes en général, la prochaine édition américaine du salon Smart Labels se promet de faire le point sur une technologie qui est plus que jamais sous les feux des projecteurs. Les progrès de cette technologie peuvent être interprétés comme la récupération heureuse de technologies appartenant au passé afin de mieux affronter le futur
18-04-2005
Si la sérigraphie est l’une des plus anciennes techniques d’impression connue par l’homme, elle n’est certainement pas la plus utilisée pour la réalisation des étiquettes. Elle commence toutefois à être particulièrement appréciée aujourd’hui dans le cadre de l’impression des antennes des étiquettes intelligentes avec de l’encre argenté, l’une des plus courantes et plus communes déclinaisons de la RFID. Les antennes sont ensuite connectées sur l’étiquette à une puce en silicium et parfois à une puce SAW (Surface Acoustic Wave). Retour vers le futur Les puces RFID et SAW sont pour l’heure réalisées par photolithographie, mais elles seront progressivement remplacées par des transistors entièrement imprimés. Certains d’entre eux sont en cours d’expérimentation, d’autres en cours de production par de nombreuses sociétés: parmi lesquelles, par exemple, la société britannique Plastic Logic, qui utilise les technologies ink jet et spin coating et certains procédés encore photolithographiques. Dans le même temps, de nouvelles encres sont apparues, plus sophistiquées et plus conductrices, comme celles fournies par la société canadienne X-Ink, qui permettent d’utiliser des technologies d’impression à haute vitesse, comme la flexographie et l’offset, pour la réalisation des antennes RFID. D’autres encres (isolantes, semi-conductrices, etc.) sont fournies par la société Dow aux Etats-Unis et celles-ci pourront vraisemblablement remplacer très rapidement les puces en silicium traditionnelles par des circuits à transistors imprimés. Dans un premier temps par jet d’encre et plus tard à l’aide des techniques de flexographie ou de photogravure. Si cela devait arriver, nous pourrons dire que la boucle est bouclée: la technologie d’identification automatique la plus moderne, la RFID, sera retournée aux origines de l’impression, pour mieux évoluer vers une technologie à grande vitesse. Pourquoi le boom des étiquettes RFID? La RFID consiste, en pratique, à utiliser des fréquences radio pour lire des données mémorisées dans de petits dispositifs, de plus en plus souvent des étiquettes, mais sans limitation de support, avec des problèmes de visibilité, d’orientation et de lecture multiple limités. Il est donc possible de dissimuler un transpondeur (tag) dans une étiquette et de le lire électroniquement. On peut soumettre des milliers d’étiquettes de ce genre à un lecteur optique pour que celui-ci les lise en un clin d’oeil. Ceci signifie que les étiquettes intelligentes sont destinées à remplacer de plus en plus souvent le tout-étiquette, les codes barres, les tags antivol, la lutte contre les contrefaçons et bien d’autres choses encore. Avec un potentiel de milliards de milliards d’étiquettes par an. L’étiquette sera-t-elle toujours nécessaire ? L’histoire se répète également lorsqu’il s’agit de comprendre quand les étiquettes ne seront plus indispensables. La plupart des premiers codes barres étaient imprimés sur une étiquette elle-même appliquée à l’objet. Aujourd’hui, ils sont pour la plupart imprimés “gratis”, comme une partie graphique de la confection ou d’un produit. La RFID respectera certainement cette séquence. A l’heure actuelle, bien qu’il existe un marché RFID pour les étiquettes, outre les tickets intelligents (smart tickets), les commandes les plus importantes ont été reçues par les entreprises américaines Texas Instruments, Alien Technology et Matrics, et la société japonaise Hitachi, et donc de toute évidence par des sociétés ne produisant pas d’étiquettes. Par ailleurs, Matrics a fait l’objet d’une acquisition de la part de Symbol Technologies qui, avec la majeure partie de son chiffre d’affaires provenant de systèmes de lecture de codes barres, mise ainsi sur la reprise. Mais les producteurs d’étiquettes auront bientôt leur part de marché, comme Avery Dennison, Rafsec, Dai Nippon Printing et Toppan Printing. Nous attendons l’annonce très prochaine de la part de ces derniers des premières grandes commandes d’étiquettes intelligentes, initialement contenues, mais ensuite supérieures à celles reçues par les entreprises citées précédemment et de loin: des dizaines, voire des centaines de millions de fois. Les producteurs ne se contenteront pas de convertir une étiquette en un simple tag RFID nu, “l’inlet”, acheté à l’extérieur. Ceci comporterait trop peu de valeur ajoutée. Les producteurs d’étiquettes seront en fait en mesure de tout faire tout seuls: la lecture et l’impression. Un boom d’étiquettes pour les dix prochaines années Les choses commenceront à prendre le bon pli quand, au cours des dix prochaines années, l’industrie de l’étiquetage pourra affronter et développer de nouveaux marchés pour les étiquettes RFID. En ce qui concerne l’identification de produits et de confections, à l’instar de ce qui s’est passé pour les codes barres, les circuits RFID seront pour la plupart imprimés directement sur l’objet et ce marché particulier pour les étiquettes ira sans doute à l’encontre d’une contraction. Mais par chance, les dix prochaines années verront certainement l’émergence de nombreux autres marchés pour les étiquettes, complètement nouveaux. Le contrôle des dates de péremption des produits alimentaires et la lecture de la date par exemple. Aujourd’hui, nous disposons d’étiquettes non électroniques basées sur des éléments chimiques qui changent de couleur pour indiquer l’état de conservation mais qui n’affichent pas la date. On les appelle TTI (Time Temperature Indicators); elles risquent de se révéler plutôt imprécises car elles sont sujettes à des variations d’un lot à l’autre et subordonnées à des paramètres aléatoires comme la lumière et l’humidité. Elles restent bon marché, quelques centimes pièce, pour un milliard d’unités vendues par an. Ces étiquettes n’affichent pas de message de clair et précis mais simplement un changement de couleur dans un coin. Voyons maintenant ce qui pourrait constituer, même si celui-ci n’est pas encore disponible actuellement, un successeur électronique de ce système. Dans sa forme initiale, il s’agira d’une étiquette chargée de percevoir l’évolution temps/température du produit et fera apparaître le libellé “périmé” au moment opportun. D’autres versions émettent une alarme si le lait n’est plus conservé au frais, c’est-à-dire lorsque celui-ci dépasse une certaine température: c’est la fameuse proposition d’Arla Foods, une des plus grandes entreprises alimentaires en Europe. Celles-ci peuvent comprendre un élément RFID, mais pas nécessairement. L’afficheur imprimé peut être utilisé à d’autres fins, comme celle consistant à fournir des instructions utiles avec des caractères de grande taille et même lumineux. Dans ce contexte, certaines sociétés comme KSW Microtec et Infratab, proposent déjà sur le marché des étiquettes de ce genre dotées de grands afficheurs, de RFID et de plusieurs points d’interrogation des données enregistrées. Les meilleures opportunités commerciales des étiquettes sont donc le contrôle de la péremption et du temps. Ces étiquettes pourront coûter quelques dizaines de centimes pour des quantités de l’ordre du milliard, et quelques centimes pour des commandes supérieures. Il y aura certainement quelqu’un qui se proposera comme la locomotive de ce nouveau marché. Sur des produits particulièrement délicats comme les médicaments, l’étiquette contrôlant leur utilisation régulée dans le temps pourrait également devenir une obligation légale. Pas pour toujours Cela ne durera pas non plus. Car tôt ou tard, ces éléments de contrôles pourront parfaitement être imprimés directement sur le produit ou sur la confection, et dans ce cas également l’étiquette ne sera plus indispensable. Ce qui revient de nouveau à fermer le cercle, comme nous l’avons décrit plus haut avec le code barres et supposé plus bas avec les étiquettes RFID. La bonne nouvelle, c’est qu’un nouveau marché fera son apparition pour les étiquettes. Revenons à la proposition d’Arla Foods: la confection de lait doit prononcer la phrase “remets-moi au frigo”. Il en dérive la nécessité d’appliquer des haut-parleurs directement sur l’objet. Citons à ce propos un résultat concret: les laminés transparents de NXT Sound en Grande Bretagne qui sont déjà utilisés pour générer un son de bonne qualité sur certains modèles de téléphones portables Nec, au Japon. Le laminé sonore et transparent est intégré directement dans l’écran du téléphone. Des laminés de ce genre peuvent être facilement réalisés sous forme d’étiquette et intégrés dans des circuits électroniques imprimés, où qu’ils soient. Voilà donc un autre marché potentiel pour les étiquettes. Un autre marché pour les étiquettes: les pansements dermatologiques Un autre aspect intéressant de la révolution des étiquettes intelligentes est celui des pansements dermatologiques. Ceux-ci peuvent être appliqués tant aux humains qu’aux animaux. Parmi les producteurs, nous pouvons citer d’abord Avery Dennison. Un pansement intelligent agit sur la peau par ionophorèse, c’est-à-dire en transmettant un faible courant électrique à travers les couches épidermiques afin de les rendre plus perméables aux agents chimiques. Les types de pansement dermatologique non électriques sont innombrables, comme ceux pour arrêter de fumer ou pour soigner les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. D’autre part l’application passive de crèmes dépend de la température et est substantiellement lente et non contrôlée. Grâce à l’intervention d’une minuscule pile – souvent imprimée, l’application peut se révéler plus rapide et permettre un contrôle du temps et de la quantité. Parmi les versions actuelles, celle d’Alza, du groupe Johnson & Johnson, un petit calculateur appliqué sur la peau est difficilement réalisable par un producteur d’étiquettes ordinaire. Il présente en effet de grandes dimensions car il contient beaucoup de principe actif et il est doté de fonctionnalités supplémentaires comme le bouton “sur demande”. Citons en revanche les pansements intelligents de la société israélienne Power Paper, que pas moins de sept entreprises ont commencé à produire sous licence au cours de l’année dernière, ainsi que ceux de la société américaine Birch Point, qui sont en tous points identiques à des pansements sanitaires ordinaires type sparadrap. Grâce à ces sociétés, et à beaucoup d’autres, un vaste marché est sur le point de s’ouvrir pour les pansements intelligents car ceux-ci peuvent dans de nombreux cas remplacer les injections et toutes les formes d’administration médicamenteuse les moins agréables, les moins sûres et les moins précises: ils ne se contenteront pas de remplacer les actuels pansements passifs. Des sociétés particulièrement imaginatives comme Power Paper ont également inventé des usages très innovants pour ces pansements, comme l’application de teintures formant un tatouage ne durant que quelques mois…pour offrir à chacun la possibilité de changer d’avis en la matière. Et comment sont les produits? Eh bien, pour l’instant, c’est une question de sérigraphie, pour la plupart des batteries, des schémas de conducteurs et des résistors. Encore un retour vers le futur… Smart Labels 2005: IdTechEx et Tarsus Pour l’édition américaine de Smart Labels 2005, qui se déroulera du 27 au 30 juin dans le Wyndham Inner Harbor Hotel de Baltimore, deux importantes sociétés spécialisées dans la recherche et l’organisation de manifestations ont uni leurs forces: IDTechEx, la principale société de recherche sur les étiquettes intelligentes, et Tarsus, organisatrice de Labelexpo et propriétaire de la revue Labels & Labeling. Il s’agit donc d’un événement majeur dans le domaine de l’item level tagging, des “smart applications” et bien entendu de la RFID, avec des implications pour les producteurs d’étiquettes, de technologie et de systèmes. Rappelons en outre que Smart Labels USA 2004 a été visitée par plus de 400 délégués représentant 24 pays du monde. Pour plus d’informations, voici tous les sites Internet à consulter: sur IDTechEx, www.idtechex.com ; sur Tarsus, www.tarsus-group.com; sur les manifestations consacrées aux étiquettes organisées par Tarsus dans le monde entier, www.labelexpo.com ; sur l’événement Smart Labels Usa 2005, www.smartlabelsusa.com. Pour vous inscrire, contacter Cordelia Hime, PR Manager de Labelexpo, Tél. +44 (0) 20 8846 2700, chime@tarsus.co.uk.
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