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A propos d’EPC, deuxième génération

par José Luis Valbuena
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10-01-2005
Dans un communiqué conjoint, Intermec et EPCglobal Inc. ont annoncé début novembre, la première suspension temporaire, d’une durée de 60 jours, de la politique de licences de la propriété intellectuelle d’Intermec relative au standard EPC de deuxième génération. Cette suspension de précaution a été accordée principalement pour deux raisons: d’une part pour permettre à EPCglobal de donner le jour à son programme de certification et de validation des dispositifs de tierces parties (tag, lecteurs et imprimantes) sans violer les droits de propriété intellectuelle d’Intermec; d’autre part, elle offre à EPCglobal le temps nécessaire et précieux d’évaluer et de définir ce qui doit être reconnu aux entreprises et de quelle manière, en particulier aux sociétés dont les brevets forment une partie substantielle du standard, comme c’est le cas d’Intermec et de plusieurs autres. Du côté d’EPCglobal, Richard Cantwell, l’un des conseillers du groupe et représentant de la puissante Gillette, jugeait positivement la décision d’Intermec car elle permettait de franchir un seuil important, soulignant “l’esprit de collaboration” de cette société comme exemple de la philosophie soutenue depuis toujours par EPC. Connaissant cette situation, nous pouvons également lire entre les lignes de ce communiqué les incertitudes d’une association qui n’a pas encore trouvé sa place exacte sur le marché et qui transfert avec difficulté son expérience strictement commerciale vers un domaine, celui de la technologie, qui n’est pas le sien historiquement. Même le temps qui passe joue également en faveur d’EPC. Les spécifications finales du standard, pierre angulaire de la stratégie du consortium formé par EAN et UCC devront être définies au plus tard au mois de janvier. Des centaines de sociétés et d’institutions sont dans l’attente: parler d’un retard supplémentaire pourrait mettre EPC face à un autre risque sérieux. Un de plus pour cette association à laquelle les pays de la région Asie/Pacifique ont déjà tourné le dos en optant pour les standards ISO 18000. Un contretemps conséquent puisque c’est cette région qui traitera, dans les dix prochaines années, plus de cinquante pour cent du commerce mondial. Les analystes soutenant que le futur de la RFID passe inévitablement par une convergence entre EPC et ISO sont loin d’être rares. Malgré ce qui a été établi au moment de l’acte de fondation d’EPCglobal, c’est-à-dire le souhait de définir avec les usagers, les producteurs, les universités et les laboratoires un standard qui n’implique pas le paiement de “royalties”, la confrontation avec le monde réel a changé la donne. Ça n’est pas un mal pour autant: Intermec, à l’instar d’autres sociétés, ne fait que défendre ses dix années d’investissements dans la RFID, qui ont vu se développer ses propriétés intellectuelles et l’acquisition de technologies de tiers, comme IBM, ou d’autres sociétés opérant déjà dans ce marché, comme Amtech. Dans le cas d’EPC, deuxième génération, ce ne sont pas moins de 19 brevets d’Intermec qui sont utilisés, cinq desquels ont déjà été cédés, affranchis de “royalties”, tant à EPCglobal qu’à ISO. Intermec a ouvertement déclaré ne pas du tout souhaiter blinder ces brevets: depuis quelques années déjà, elle a mis à la disposition de l’industrie la totalité de son catalogue de propriétés intellectuelles RFID et a récemment défini un programme de licences de type RAND (Reasonnable And Non-Discriminatory), qui permet l’utilisation de ses brevets, dans le cadre du standard et au sein du consortium EPCglobal, à des prix raisonnables, à n’importe quel type de société. Un accord qui ne tardera pas à être annoncé. Il est clair que l’on pourrait demander que toutes les innovations intrinsèquement positives soient rendues disponibles gratuitement. Mais il faut bien se rendre compte qu’il n’existe aucun produit technologique pour lequel une partie du prix ne soit pas lié au concept de “royalties”, qu’il s’agisse d’un euro ou d’un demi-centime, voire de rien du tout. C’est un truc qui n’a rien de nouveau, au contraire c’est quelque chose qui appartient depuis toujours au monde du développement et de la recherche. En tout état de cause, nous souhaitons qu’EPCglobal résolve au plus tôt les équivoques qui l’empêchent encore de se proposer sur le marché avec la transparence nécessaire afin que 2005 puisse débuter avec un horizon plus limpide pour la RFID.
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