Technologie

Compatibilité des systèmes logistiques multisectoriels par identification automatique selon les normes ISO/IEC

par Heinrich Oehlmann (*) P.d.g. d’Eurodata Council
Cet exposé entend offrir les informations les plus à jour concernant les normes et les méthodes d’ADC (Automatic Data Capture) appliquées au domaine de la logistique. Après la présentation du concept de
03-03-2003
Le présent exposé s’adresse à l’ensemble des utilisateurs potentiels d’ADC et offre les principales informations nécessaires permettant de choisir le système le mieux adapté aux différentes exigences. Cette présentation répond en outre aux questions ci-dessous, souvent formulées dans de tels contextes: • qu’est-ce qu’un DI et à quelles normes obéissent-ils ? • comment le DI permet-il de rendre un code à barres univoque ? • quelles technologies peuvent être utilisées pour les DI, parmi lesquelles les codes à barres et les tag RFID ? • comment promouvoir le concept de DI selon les normes ISO pour le Tracking&Tracing en matière de logistique globale (figure 1) ? • quelles sont les normes d’étiquetage des produits et des expéditions ? • une norme unique est-elle suffisante pour toutes les sections de la logistique ? • comment fonctionne l’interactivité d’un système de Tracking&Tracing efficace au plan mondial ?
Le concept de Data Identifier selon les normes ISO (& CEN)
Le Data Identifier, DI, garantit une identification unique des objets impliqués dans les opérations de déplacement et de transport, simultanément aux codes à barres pour une capture des données privée d’erreurs, ainsi qu’une identification unique à l’intention des systèmes de Tracking&Tracing. Les processus de déplacement doivent être contrôlés par des logiciels appropriés, dont les données de référence sont enregistrées dans une banque de données et introduites dans des champs spécifiques de manière à pouvoir être identifiées automatiquement à l’intérieur d’un système à chaque fois qu’il est nécessaire de les retrouver. Les données apposées sur les colis n’ont aucune caractéristique de reconnaissance automatique, mais elles sont classeés en fonction de ce qu’elles représentent. En absence d’une telle classification, n’importe quel élément informatif imprimé en clair ou en code à barres nécessiterait une intervention spécifique de l’opérateur visant à " nommer " le produit. Si les DI sont utilisés comme des " descripteurs ", ceux-ci contiennent déjà la spécificité des différents produits. La combinaison du code à barres et du DI permet de projeter des systèmes de collecte des données privés d’erreurs et indépendants des interventions de l’opérateur, puisque le code à barres définit à lui seul " ce qui représente le produit et quelle est sa valeur ". Le même principe s’étend aux documents, aux positions de magasin et parfois même à des personnes. Les règles de mise en place des DI sont simples et permettent également d’obtenir des systèmes sûrs: 1 Etablir des références dans la banque de données pour chaque objet significatif; 2 Ajouter des Identifiants de Données aux éléments devant être codifiés en codes à barres; 3 Reconnaître les Identifiants de Données lors de la lecture afin de structurer les données en fonction de l’application (par le décodeur inclus dans le lecteur ou par le système d’information).
Exemple d’utilisation d’un DI dans un processus logistique:
Le DI est inséré dans le code à barres comme première donnée parmi les éléments variables. Les éléments de données doivent être liés entre eux à l’aide du symbole " + " comme séparateur de champs d’information (figure 2). D’autres données d’identifications courantes concernent: • Le numéro d’ordre du travail W • Le code d’identification de l’opérateur 1H • La ligne de l’emplacement/de production 1L • La date (an, mois, jour) ou ses variations D ou, si variée, 1D, 2D, etc. • L’identification du fournisseur V • Le code ID attribué par le client P • La quantité Q • Le code d’expédition 2L • La liste de picking 11K L’ID standard est géré par l’ANSI MH10.8 et est disponible auprès des instituts nationaux de standardisation ou auprès d’Eurodata Council.
Compatibilité des Data Identifier et des Application Identifier
Les normes CEN EN1571 reconnaissent comme un standard les DI alphanumériques FACT, à l’instar des Identifiants d’Application (AI) numériques EAN/UCC. Les DI et les AI sont tous deux inclus dans le document ISO 15418, à validité internationale, et sont tous deux construits de manière à être insérés dans les codes à barres. Il n’y a aucune différence dans la méthode de traitement de données, mais il y en a pour obtenir les identifiants et dans le choix des symbologies. Alors que les DI ANSI/FACT sont déjà utilisés depuis le début des années 80 par la plupart des principales entreprises du secteur de la logistique, les identifiants d’application AI ont été développés plus tard par l’EAN/UCC, comme un système plus étroit et selon une approche orientée vers le vente de détail et la distribution (figure 3). La figure illustre l’utilisation simultanée des deux systèmes DI et AI où les DI sont utilisés dans tous les processus internes et externes. De plus amples informations sur les DI et les AI et sur leur structure corrélative de l’EAN/UCC sont disponibles à l’adresse Web ANSI MH10: www.mhia.org./MH10SC8/standards/DI to AI.html.
Construire les informations pour la chaîne logistique en utilisant les DI
Pour pouvoir être considérée comme un système de Tracking&Tracing, la chaîne logistique nécessite une série d’informations précises et de DI insérés dans les codes à barres. La figure 4 illustre la structure des données, en un segment de la chaîne, concernant l’étape logistique successive. La figure pourrait être utilisée comme un modèle de base pour travailler même en dehors du concept logistique de Tracking&Tracing. La liaison entre expéditionnaire, transporteur et destinataire est représentée par l’étiquette MITL (Multy Industry Transport Label) comme nous le verrons ci-dessous. Son élément le plus important est la “Licence Plate“ (plaquette) considérée comme numéro unique de l’unité de transport. Toutes les industries concordent sur le concept de Licence Plate et toutes supporteront, en plus de celle-ci, le Code 128, et le Code 39 pour certaines. L’unicité est garantie par les organisations CEN et ISO, avec l’aide des agences d’émission, qui enregistrent les codes d’identification des entreprises. Le tableau 1 indique comment les standards communs sont supportés au plan international.
L’étiquette MITL
Un des facteurs clé résultant du travail des comités de standardisation industriels est l’étiquette MITL (Multy Industry Transport Label) à vocation multisectorielle. (figure 5). L’étiquette MITL est " un " standard d’ores et déjà valable pour tous les secteurs. La “Licence Plate“ qu’elle contient, identifiant unique d’unité de transport conforme à la norme EN1572, en garantit l’univocité au plan mondial. Cette unicité est obtenue grâce à la formalisation du numéro d’identification individuel de chacun des " émetteurs " de l’étiquette, enregistré par des associations reconnues, comme EDIFICE pour l’industrie électronique, CEFIC pour la chimie, EAN pour la grande consommation et la distribution, EHIBCC pour la santé et ainsi de suite. MITL A indique que l’étiquette MITL contient un identifiant des données alphanumériques dans la structure FACT ; MITL E signifiant que l’étiquette MITL comprend un identifiant d’application numérique AI. Toutes deux sont conformes aux normes et compatibles entre elles.
Le système hiérarchique est géré par la NNI
A ce sujet, CEN a établi les règles précises d’un système hiérarchisé. Voilà l’essentiel de la norme EN1572, qui est en passe d’être approuvée par l’ISO, avec une validité au plan mondial. Le système hiérarchique est géré par le NNI (Netherlands Normalisation Institute) chargé d’émettre les identifiants numériques pour les Autorités d’Enregistrement, elles-mêmes habilitées à distribuer les codes aux opérateurs qui génèrent les étiquettes. Enfin, qui génère l’étiquette est responsable de l’univocité des codes concernant ses propres produits par l’émission de numéros en série. La structure des niveaux hiérarchiques est illustrée sur la figure 6, une structure en cours d'approbation par l’ISO.
Formation de l’identifiant unique de “Licence Plate“
L’identifiant unique, pour les unités de transport (EN1572 & ISO 15459), est formé à partir d’éléments obtenus grâce au standard EN1571 pour DI, en relation avec la structure hiérarchique CEN/ISO et est considéré comme une " responsabilité organisée " pour l’opérateur qui émet l’étiquette (figure 7). nJ est l’identifiant enregistré pour une “Licence Plate“ de MITL-Type A (alphanumérique), spécifiée par le standard En 1571 pour les DI et se référant à la EN1572,3 Les options allant de 1J à 4J font référence à l’identification des paramètres suivants: 1J: Unité minimum d’emballage (unité qui ne peut plus être divisée); 2J: Unité de transport de plus d’une unité 1J; 3J: Comme 1J, mais lié à un message EDI; 4J: Comme 2J, mais lié à un message EDI; ]C100: identifiant pour “Licence Plate“ de MITL de Type E (EAN), générée par une combinaison de symbologie d’identification FNC1, transférée à la donnée ]C1 et l’identifiant " 00 " pour une expédition en série contenant un code SSCC (Serial Shipping Container Code). Les “Licence Plates“ pour industrie à codification par codes à barres utilisent normalement autant le Code 128 (figure 8) que le Code 39 (figure 9). Le tableau 2 reporte la structure de cette licence plate. (L’aspect d’une chaîne de données pour l’ordinateur est un numéro unique de “licence plate“, indépendante de la symbologie utilisée: ,,JMP 012345678 ABC 12345678”)
Illustration d’une “Licence Plate“ basée sur l’EAN
Dans ce cas, l’univocité de la donnée numérique se base sur l’identifiant EAN pour lequel est utilisé le Code 128. Les éléments clé d’obtention de l’univocité n’apparaissent cependant pas en clair. Pour en expliquer le concept, nous avons recours à trois types d’illustration: la Structure (tableau 3), l’Impression en clair (figure 10) et les Données transmises (tableau 4). La Multy Industry Transport Label basée sur des numéros EAN est dénommée SSCC (Serial Shipping Container Code).
Soutien de la MITL par les industries et la distribution
La liste présentée dans le tableau 5 indique les organisations considérées comme Issuing Agencies Code (IAC). Les parties intéressées peuvent demander un " Code Société " à l’une des ces organisations.
Facteurs de tendance vers une identification unique dans les transports
Les organisations internationales et les associations recommandent l’utilisation d’un identifiant unique pour les unités de transport, spécifié selon les normes CEN/EN1572 et ISO15459/1,2, à travers l’intervention des agences et des procédures de définition des codes, dans le but d’atteindre des conditions d’univocité au plan mondial. Le tableau 6 reporte les principales agences d’émission opérant dans ce but. La liste complète des Agences d’émission d’identifiants professionnels est disponible auprès du NNI, Delft, qui est l’autorité d’enregistrement international indiquée par CEN & ISO. http: //www.nni.nl/nl/pro/line/ISOIEC15459_and_EN1572_ register.html.
Etiquette MITL pour l’industrie chimique
La figure 11 illustre un exemple d’étiquette obtenue par " CEFIC: Lignes directrices pour la réalisation de codes à barres sur des étiquettes d’expédition basées sur standard CEN pour Multy Industry Transport Label, Version 1.1, décembre 1999”
Etiquette MITL pour l’industrie électronique
Sur l’étiquette illustrée sur la figure 12, la “Licence Plate“ est l’élément mandataire pour les données; le code 2D peut amener à destination des données optionnelles; et " 4J " indique la référence à une étiquette d’expédition à haut degré d’emballage, par ailleurs corrélée à un message EDI.
Etiquette MITL pour l’industrie automobile
L’industrie automobile a mis au point une étiquette MITL en accord avec les organisations opérant en Europe, au Japon et aux Etats-Unis. L’étiquette commune, illustrée sur la figure 13, est une MITL compatible avec les recommandations CEN1593/ISO15394. La “Licence Plate“ représente le champ mandataire pour les données. Pour des environnements non EDI, le segment 2D est utilisé de manière optionnelle pour supporter les données de l’EDI.
Interactivité
Il est convenu que l’interactivité entre industrie, distribution, transport et commerce est réalisée par l’utilisation d’une " unique " référence ISO, pour les identifiants d’application EAN et les identifiants de données ANSI/FACT. La figure 14 montre quel identifiant parmi le set disponible est utilisé pour la reconnaissance des différents segments entre eux.
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