Technologie
Réseau sans fil : le IEEE 802.11g sera un standard fédérateur
Une chose est sure: le futur 802.11g va associer le meilleur des standards actuellement disponibles (802.11b et 802.11a) et promet une harmonisation des différentes spécifications des réseaux sans fil qui encouragera le développement continu et rapide du marché des WLAN.
20-12-2002
Avant la récente approbation de lébauche du nouveau standard IEEE 802.11g des réseaux sans fil (WLAN) opérant jusquà 54 Mbps dans la bande des 2,4 GHz, le marché disposait de deux spécifications relativement similaires mais surtout non interopérables : la 802.11b (Wi-Fi) et la 802.11a (Wi-Fi-5). Avec la présence, maintenant affirmée, de la première et la disponibilité depuis fin 2001 de produits de la deuxième, la confusion de nombreux utilisateurs face à lévolution technologique et lincertitude de nombreux fabricants face au choix de la meilleure spécification étaient bien compréhensibles. Voyons donc lhistoire, les spécifications et les conséquences pour le marché des réseaux sans fil de ce nouveau standard qui promet, à juste titre, des vitesses supérieures, une couverture plus étendue et la compatibilité avec les dispositifs Wi-Fi déjà en place.
Les deux évolutions du standard IEEE 802.11
Ladoption du IEEE 802.11, le premier standard pour lEthernet sans fil, remonte à 1997. Celui-ci concernait les spécifications pour la couche physique (PHY): infrarouge, 1-2 Mbps frequency hopping spread spectrum (FHSS) et 1-2 Mbps direct sequence spread spectrum (DSSS) dans la bande ISM des 2,4 GHz. Les réseaux Ethernet câblés permettant à cette période une vitesse maximum de 10 Mbps et les premiers produits sans fil étant plutôt coûteux. Le standard 802.11 original ne connut quun succès limité sur le marché. Deux ans plus tard, le standard 802.11 évolue selon deux directions. La spécification 802.11b amenant la vitesse de transmission au-delà du seuil critique des 10 Mbps, tout en restant compatible avec le 802.11 DSSS original et en incorporant un schéma de codification plus efficace connu sous le nom de Complimentary Code Keying (CCK) pour obtenir une vitesse maximum de 11 Mbps. Un deuxième schéma de codification est alors inclus, le Packet Binary Convolutional Code (PBCC) qui permet une meilleure performance aux vitesses de 5,5 et 11 Mbps. La deuxième variante du 802.11 est baptisée 802.11a. Elle opère dans une bande de fréquence différente, celle des 5,2 GHz et est conçue pour atteindre des vitesses allant jusquà 54 Mbps. A la différence du 802.11b, un système à porteuse unique, le 802.11a utilise une technique de modulation de plusieurs porteuses appelée Orthogonal Frequency Division Multiplexing (OFDM). Exploitant la bande des 5,2 GHz, le 802.11a nest interopérable ni avec le 802.11b ni avec le standard initial 802.11. Au cours de lan 2000 sur initiative de la IEEE un premier groupe de recherche est constitué pour évaluer un développement du standard 802.11b afin de permettre des vitesses supérieures à 20 Mbps dans la bande des 2,4 GHz, après quoi est créé un groupe de travail spécialement dédié à la définition du prochain standard. Après plusieurs vicissitudes, mi-novembre 2001 un compromis établi entre les propositions de Texas Instruments et celles dIntersil donne le jour à une ébauche du standard 802.11g.
22 Mbps dans la bande des 2,4 GHz
La proposition de Texas Instruments, baptisée PBCC-22, prévoit une vitesse de 22 Mbps dans la bande des 2,4 GHz et une totale compatibilité avec les dispositifs Wi-Fi. Intersil, en revanche, propose avec son codage CCK-OFDM dadopter un schéma de modulation semblable à lOFDM utilisé par le 802.11a.
Lébauche du nouveau standard tient compte déléments présents dans les propositions originales des deux constructeurs. Il établit en effet que:
- lOFDM " 802.11a-like " est un mode indispensable pour obtenir une vitesse égale à celle du 802.11a dans la bande des 2,4 GHz
- la mise en uvre du mode 802.11b (Wi-Fi) est obligatoire
- les modes CCK-OFDM et PBCC-22 sont optionnels.
Ce compromis " équilibré " constitue un excellent alignement entre le 802.11a et le 802.11b et représente en outre un moyen denvisager le développement de produits WLAN vraiment multimodaux. Le 802.11g atteint la vitesse de 54 Mbps dans la bande des 2,4 GHz, qui semblait devoir rester un privilège exclusif du 802.11a dans la bande des 5,2 GHz. La compatibilité avec le 802.11b déjà installé garantit la continuité et détermine un parcours de migration sans surprises.
La bande des 2,4 GHZ offre de meilleures garanties
Certains observateurs qualifiés se demandaient, avant aujourdhui, sil était encore judicieux de poursuivre les activités de développement dans la bande des 2,4 GHz: largument le plus souvent avancé était la surcharge de fréquentation que ce spectre subissait, contre une fréquentation plutôt faible observée dans la bande des 5,2 GHz utilisés par la 802.11a. Certes les réseaux 802.11b déjà en place depuis quelque temps prouvent que la bande des 2,4 GHz est adaptée au réseau sans fil et que les dispositifs associés ont démontré un excellent comportement en présence dune possibilité permanente dinterférences. En outre, la bande ISM 2,4 GHz est disponible et libre pratiquement dans le monde entier, et présente peu de restrictions. Par contre, la bande des 5,2 GHz est utilisée par des applications militaires, comme les radars à puissance élevée, raison pour laquelle plusieurs marchés globaux, parmi lesquels lEurope occidentale et le Japon ont pour linstant imposé des restrictions à lutilisation commerciale de cette bande. Aux Etats-Unis également, une préoccupation sur les risques possibles pour la sécurité des opérations militaires causés par lutilisation de la 802.11a dans la bande des 5,2 GHz a été exprimée. Lutilisation de la bande des 2,4 GHz est une garantie pour que les réseaux sans fil 802.11g évitent les restrictions dutilisation qui seront vraisemblablement imposées, en offrant en même temps une compatibilité avec les actuels systèmes 802.11b.
Enfin, tout aussi importante, reste la question des coûts: selon une analyse attentive, il semble que le coût de dispositifs conformes au standard proposé est très proche du coût courant de ceux conformes au 802.11b. De plus, lutilisation hypothétique de systèmes double bande compatibles avec les spécifications 802.11b, 802.11g et 802.11a devrait avoir des coûts comparables à ceux des systèmes 802.11a: en dautres termes, il sera possible dinstaller un WLAN multimodal pour le même prix quun WLAN 802.11a actuel. Des avantages décisifs donc pour cette nouvelle spécification sur ce point également: non seulement le 802.11g représente un signal fort dunification entre ce qui jusquaujourdhui étaient deux directions techniquement dissemblables et incompatibles prises hier, mais il encouragera également la croissance continue du marché des WLAN. Le 802.11g unit les fonctions fondamentales des deux spécifications dont il tire son origine. Du coup, le développement de systèmes pouvant dialoguer avec des technologies basées sur les deux versions précédentes de la spécification devient pratiquement implicite. Ceci résout notamment les problèmes de migration des utilisateurs qui ont déjà installé des WLAN 802.11b et qui souhaitent travailler à des vitesses plus élevées, pour lesquelles le 802.11a ne peut être la solution puisque incompatible avec les réseaux en place. Une situation pratiquement identique sest vérifiée pour lévolution des réseaux câblés lorsque les dispositifs Ethernet commencèrent à supporter tant 10 que 100 Mbps en double mode garantissant le fonctionnement dans les deux modes sans interruptions ni interventions de la part de lutilisateur.
Une ratification attendue début 2003
Avant que lébauche ne devienne un standard formellement adopté, de nombreux aspects concernant son application devront être réglés, il est donc raisonnable de sattendre à une ratification du IEEE 802.11g début 2003. Entre temps, Texas Instruments et Intersil ne restent pas pour autant les bras croisés. TI dispose déjà dun produit, dénommé ACX100 qui, grâce à la fonction PBCC-22 (prise en compte dans lébauche du nouveau standard) permet dopérer à 22 Mbps. Intersil, à son tour, a annoncé fin janvier la sortie de PRISM GT, le premier jeu de circuits destiné à supporter lébauche de lIEEE 802.11g : les premiers prototypes seront disponibles avant lété et la production est programmée pour le troisième trimestre de l'année.


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