Technologie

La RFId vers les standards Internationaux

par Cecilia Biondi
L’utilisation des systèmes RFID se développe de plus en plus dans les domaines de la production et de la logistique avec immanquablement des impacts en termes de qualité, d’efficacité, de précision, et de retour rapide sur investissement. Mais des doutes subsistent sur l’absence de standards mondiaux. En réponse à cette situation, on note du coup le développement d’initiatives d’ampleur internationale.
09-09-2002
La technologie RFID est l’objet d’un nombre croissant d’applications, principalement dans le domaine de la manipulation et du déplacement des biens, des dispositifs antivol et de lutte contre les contrefaçons, de la gestion des magasins et des inventaires. Les tags, réalisés selon différentes techniques et incorporés dans des supports de formes et de dimensions variées, sont progressivement associés à un nombre croissant de fonctions et utilisés dans des catégories d’objets de plus en plus nombreuses. Cet essor rapide est cependant celui d’un univers plutôt fragmenté dans lequel les producteurs opèrent selon des standards différents et avec des plates-formes différentes, parfois non compatibles. En conséquence, de nombreux utilisateurs potentiels comprennent encore difficilement les propositions du marché. En réponse à cette situation, plusieurs initiatives ont été récemment prises au plan international pour favoriser le dialogue entre les fournisseurs et les utilisateurs et présenter aux premiers les produits et les solutions offertes sur le marché, et promouvoir auprès des seconds l’adoption de standards internationaux capable de garantir une base de compatibilité qui aille au-delà des frontières nationales. L’une de ces initiatives est l’EuroTag ; elle est née de la volonté du groupe Smartex, avec l’objectif de réunir les organisations européennes concernées par la technologie RFID et de favoriser une meilleure connaissance de ses points clés. Parmi les objectifs proposés aux membres de l’association, citons la participation à des réunions trimestrielles, une veille permanente sur les nouveautés techniques et commerciales, un soutien à la participation aux plus importantes manifestations mondiales en la matière, une information constante concernant les séminaires et des cours de mise à niveau, et, enfin, une hot line assurée par les bureaux d’EuroTag. Avec des filiales actives en Grande-Bretagne, dans la région de l’Asie du Pacifique et en Afrique du Sud, Smartex Ltd, basée à Cambridge (UK), est une organisation internationale active dans la promotion et le développement du domaine des cartes à puce. (Références: EuroTag Limited, info@eurotag.org www.eurotag.org www.smartex.com)
Gci-Itag: un instrument de commerce global
Une autre initiative née avec le même objectif – rassembler et diffuser de plus larges connaissances sur la RFID – est l’œuvre de la Global Commerce Initiative, une organisation regroupant certaines des plus importantes multinationales de la production et de la distribution et qui a mis en place l’année passée un groupe de travail consacré à “l’Intelligent Tagging” et à ses applications avancées. Ce groupe de travail opère en collaboration avec des équipes analogues formées à Ean International/Ucc (Team Global Tag) et dans le Massachusetts Institute of Technology (MIT Auto-ID Center). Le rôle fondamental de Gci est moins d’agir en tant qu’organisme de standardisation que celui d’opérer en qualité d’organisme de coordination des différentes activités en cours afin d’éviter les travaux redondants et les inutiles gaspillages de temps et d’énergie. Et ce sur la base d’une représentativité forte assurée de la présence en son sein des principales entreprises industrielles et de distribution opérant à échelle internationale. “Un rôle important - comme le souligne le secrétaire général de Indicod, Roberto Bucaneve – car sans l’adhésion internationale de la part des opérateurs, il est difficile de faire décoller des solutions globales et compatibles”. Un des thèmes centraux du travail de Gci est celui des bandes de fréquences qui devront être adoptées au plan international, sans interférer avec d’autres systèmes d’identification. Les responsables du groupe sont Pat Rizzotto de la société Johnson et Johnson américaine et Gerd Wolfram de la société Metro Germania. L’équipe de projet se compose, quant à elle, des représentants des sociétés Allied Domecq, Tesco Stores, Gillette USA et Marks and Spencer. Voici la définition du programme: - développer une approche stratégique et une vision globale de l’Intelligent Tagging ; - identifier les applications actuelles et futures, et les phases de développement de la technologie ; - identifier les exigences fonctionnelles (EAS, logistique, gestion des activités et des différents produits) ; - créer un consensus autour des standards ouverts ; - travailler avec les initiatives existantes. L’activité du groupe est également présentée dans un premier document intitulé “GCI Intelligent Tagging, an examination of product and supply chain opportunities” qui présente sous l’acronyme de Phoebe (Product Handling Operation Environment Business Evaluation), tous les avantages de l’utilisation de solutions radiofréquences dans les fonctions caractéristiques de la supply chain. Les réflexions proposées dans ce document sur les applications RFID sont très intéressantes du point de vue du consommateur. En effet, si ce qui concerne le B2B appartient déjà au présent, il est plutôt difficile de dire encore comment et dans quelle mesure les tags feront partie de la vie de tous les jours. Il s’agit d’applications pour lesquelles les fondements technologiques ou commerciaux, indispensables pour toucher un nombre suffisamment élevé d’utilisateurs, font encore défaut: comme celles concernant l’automatisation des points de vente en remplaçant entièrement les codes à barres par des tags. Comme l’indique le document, “non seulement les plus importantes applications des technologies les plus innovantes sont inconnues, mais elles sont aussi inconnaissables” (Clayton M. Christensen, The Innovators’Dilemma, Harvard 1997). Par exemple, poursuit le texte, dans les années soixante-dix, personne ne pensait qu’un ordinateur aurait pu être utilisé à la maison, aujourd’hui, la plupart des gens pense qu’il est indispensable. Dans le cas de l’“Intelligent Tagging“, affirment les auteurs, de nombreux sujets de l’espace B2B considèrent l’utilisation du tag comme essentiel pour la gestion des inventaires, la fourniture des produits périssables, la réduction des pertes, tandis qu’envisager leur utilisation par des consommateurs exige un effort d’imagination majeur. (Références: Global Commerce Initiative, Working group for Intelligent Tagging, vantrier@ean.nl http://www.globalcommerceinitiative.org/)
La RFID selon l’Eau/Ucc
Le GTag (Global Tag) est né en 2000 à l’initiative de Ean/Ucc. Parmi ses atouts, les 900 000 membres actifs du système Ean/Ucc qui peuvent orienter les recherches en fonction de leurs propres nécessités vers un l’établissement d’un programme cohérent sur le plan mondial. Parmi les initiatives proposées par le groupe, citons par exemple la demande, d’une gamme de fréquences plus large pour les transmissions radio présentée à la Commission Européenne à l’occasion d’un séminaire intitulé “RFID and Radio Spectrum Harmonization Workshop”. Cette initiative repose sur la conviction selon laquelle l’extension de l’actuel spectre UHF attribué à la RFID (de la bande 862-870 MHz à la bande 862 - 928 MHz), représente une solution pour une augmentation significative des applications RFID dans la chaîne logistique. (Références: http://www.ean-int.org/http://www.uc-council.org/global_tag/gtag_home.html)
La ligne de sièges Daimler-Chrysler gérée par la RFID
La technologie RFID de Philips Semiconductors à 13,56 MHz a été choisie par Integram-St. Louis Seating, spécialisée dans la production de sièges pour automobiles, afin d’améliorer la gestion de sa propre chaîne logistique. Division de Magna International, cette société fournit notamment les fauteuils des “minivan“ Daimler-Chrysler. Le système d’identification “sans contact” choisi, s’est avéré être la solution dont Integram avait effectivement besoin, rendant la chaîne plus efficace, plus flexible et sa gestion plus rapide et économique. D’une importance particulière, lors de la gestion de la ligne, la collecte des données destinées aux statistiques concernant les sièges, les palettes, les numéros de lot, les numéros de série, etc. exigeait avec les méthodes traditionnelles trop de temps et impliquait des coûts inacceptables. La solution choisie Escort Memory System (EMS), basée la technologie et les composants Philips, a déjà été adoptée dans de nombreuses applications à travers le monde. Les facteurs clés de son adoption sont sa fiabilité, ses vastes possibilités d’applications et l’utilisation de la fréquence (13,56 MHz) également reconnue par l’organisme international ISM (Industrial Scientific & Medical). Integram utilise des tags passifs en lecture et en écriture. Les données acquises par les tags sont envoyées à une banque de données qui établit des corrélations entre les différents numéros d’identification saisis, avec l’indication des composants utilisés dans les différents sièges, permettant ainsi de tracer la qualité et la fiabilité de chacun d’entre eux. Les données ainsi collectées améliorent l’efficacité de la production, garantissent des produits plus surs et préviennent les risques de réclamation.

 

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